Soirée du Vendredi
5 Novembre 2004 à L’arbre : CHRISTOPHE FIAT
Dans le cadre du monde parallèle
littérature, les éditions Al Dante et l’association
Formika nous ont permis de rencontrer le 6 Novembre 2004,
Christophe Fiat, poète, romancier, essayiste et grand
performer « électrique » surtout sur
son ARIA PRO 2 de 1970. Nous sommes partis en compagnie
de Batman à Gotham City parce que la nuit est là,
parce que là, tout est immense et que « le
ciel a la couleur d’un écran de télévision
». Ce fut une épopée. Ça sent
la mort quand Batman court. Ça sent le « IL
VA LE TUER ». Alors, Il COURT et moi je déploie
la cape de mon manteau-parachute pour ne pas tomber du rocher.
Et puis après, j’ai eu l’idée
batement folle d’écouter le CD et donc de ré-écouter
cette voix, celle de Fiat qui gratte son ARIA PRO 2 de 1970,
sur la route qui me ramenait chez moi, en voiture, ma batmobile
à moi, dans la nuit, ma batnuit à moi, ma
batcave à moi, hum…. Ça passait en boucles
parce que Fiat, il passe en boucles et parce que la ritournelle
est une répétition qui révolteee et
parce que je fus hypnotisée par des « e »
muets qui ne le sont plus à Gotham cityeeeeeeee.
Je jubilais en syncope de ce texte monomaniaqueEEEE. Et
je jubilE encorEEEE. Même s’il a réussi
à me créer une batangoissE quand j’ai
cru vraiment que les « réflecteurs de lumière
» tout verts là-bas, dans la nuit noire, étaient
les flèches qu’il lançait -multiples
et à ventouses- et parce quE j’ai eu une envie
dingue d’un habit de BatmanEEE pour mon Noël
mais peut-être que ça ferait un peu Kitch….et
tout ça sans consommation d’un quelconque produit
illicite, nan, tout naturel. Et puis je n’ai pas l’habitude
de raconter mes nuits mais après, sous ma couette,
j’ai fait un drôle de rêve : on appelle
ça un cauchemar, je crois : Batman qui s'accouple
avec Tracy Lords « parce que le monde est rond »
alors que King-Kong s’amuse un 11 septembre à
jeter un tas de gens du haut d’un building à
NYC « parce que le monde est rond »... Hum…..Et
puis il y avait un type genre Buster Keaton qui racontait
d’une voix atone leurs ébats et le destin de
l’enfant technologique qui naquit de ce cauchemar
là. Je tairai le nom de l’enfant. Ce sera ma
seule pudeur.
Tout ça pour dirE que moi (E), je JubilE, na, j’aime
tomber en syncopeeeee !
Marie Delvigne
L’association Formika ( 109 Rue du Congo-Tourcoing
59200- formika59@yahoo.fr) qui s’intéresse
aux formes de la « littérature hybride »
à la gentillesse de nous offrir à l’occasion
de cette lecture-performance ce numéro 3 de «
formikraft » :
DANS LE MONDE FUTUR QUE J’IMAGINE
C’est l’histoire
D’un écrivain américain
Qui a trop pris
D’amphétamines
Pour pouvoir écrire
Jusqu’à 6 livres par an.
Alors tout le monde
S’accorde à dire
Que cet écrivain
Est un génie
Mais pas un grand styliste
Parce que
Dans ses livres
il déverse,
Un torrent d’inventions
Avec un décalage vertigineux
Dans la perception du réel
(forcément avec les amphétamines)
qui constituent
la marque de son œuvre
(forcément en écrivant 6 livres par an).
« Dans le monde futur
que j’imagine » dit-il
« Tous les problèmes quotidiens
(les tracas, les ennuis d’argent,
les soucis professionnels
et nos difficultés avec nos proches)
peuvent se retrouver amplifiés
de manière à la fois inventive
et comique. »
Christophe Fiat |